Accusé, levez vous !
Je pensais qu'on invitait l'autre à s'assoir pour annoncer une mauvaise nouvelle. Mais dans le cas présent, observateur ordinaire intrigué, je constate que celui qui juge reste assis, ordonnant au justiciable de se tenir debout. Cherche t il à instaurer un rapport de force ? C'est peu probable... Humaniste accompli, le juge invite t il l'autre, le mauvais, à se lever comme un père guidant un enfant vers ses premiers pas ? Non, c'est surréaliste !
Alors pourquoi ?
Et si le juge avait un secret ? Et si tous ceux qui nous jugent avaient des secrets ?
Ca doit être ça, ils ont des secrets qui les empêchent de se lever. Le juge en a plein l'obscurité de sa robe. Ils sont lourds et bien gardés. Il est assis dessus pour que personne ne les voit. Il craint qu'on ne les perce, qu'on ne les divulgue et pour les protéger, il sait pouvoir compter sur le confort de son Siège.
Son siège, c'est son complice ! Dans ce cas, mon divan sera le mien ! Je lui cède la parole pour qu'il nous dise tout de ces congénères et de leurs secrets : fauteuil capitonnés, tabourets, bancs, il nous dira tout, faisant grincer les sofas et trembler les pieds de chaises.
Mon divan mérite ces chroniques. Il mérite qu'on l'écoute, qu'on entende son témoignage. Il a beaucoup à nous dire. Mon divan se veut être le siège d'un pouvoir nouveau, auto-proclamé et intemporel, pour lequel nulle recours aux urnes n'a été nécessaires.
Accusés, levez vous ! Le Divan va parler !